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Newsletter Cryptoinvestisseur n°1 – 22-1-2022

Ceci est la première lettre sur mes investissements en cryptos.

Je compte faire une lettre hebdomadaire, même si je sens que je vais avoir du mal à certains moments à tenir ce rythme. En effet, je voyage beaucoup et j’aime bien me couper complètement d’internet (et du monde) régulièrement. Ceci dit, il faut bien se fixer des objectifs ambitieux !

J’avais l’idée de commencer cette série en janvier, avant même de savoir qu’il y allait y avoir un krach sur le marché crypto, mais c’est d’autant plus intéressant de commencer dans la tempête !

Le principe est simple, je regarde mon portefeuille global que je tiens sur l’excellent site Coingecko (même si j’ai les vrais détails sur un tableur, cela reste une très bonne estimation fiable à 95%). Comme je suis très diversifié, y compris en cryptos, je ne vais parler que de mes dix premières positions.

A noter que je valorise en général mon portefeuille en dollars, car cela me semble plus facile à appréhender, même si je vis en zone Euro, le marché crypto (comme de nombreux autres) s’expriment toujours en dollars !

Vous voyez dans mon portefeuille global, que je suis très diversifié. Seules les positions significatives dépassant 1 % sont représentées, mais il y en a beaucoup d’autres, comme le montre les nombreuses couleurs de ce graphique. Je ne fais pas figurer non plus ma poche d’euros dédiés aux cryptos, qui représentent encore à l’heure actuelle environ 25% de l’ensemble (qu’il faudrait donc rajouter aux stablecoins et qui contribuent à amortir les baisses… tout en limitant les hausses, mais c’est une question de gestion du risque car le bitcoin pourrait très bien descendre à 20 000 $ ou plus bas, et je serais bien content de pouvoir en ramasser à ces prix).

Notez que le bitcoin n’est pas représenté, même s’il m’en reste un peu, j’ai depuis un certain temps déjà converti en stablecoins, pour engranger une partie des profits assez importants réalisés en 2021. Je rappelle ici que j’ai commencé à investir dans les cryptomonnaies fin 2020… Je suis donc un « nouveau » sur ce marché, même si je ne l’ai pas découvert à ce moment là, mais bien avant. Mais on ne peut pas être partout.

Vous remarquerez aussi que j’ai choisi de ne pas indiquer des valorisations chiffrées, car j’estime que d’une part, cela n’avance à rien de donner ces chiffres dans un monde où la pauvreté est beaucoup trop présente et en même temps où chacun veut davantage paraître que de se contenter d’être, et d’autre part, que cela ne regarde que mon inspecteur des impôts. Je tiens ce blog à titre personnel, comme une sorte de support de réflexion, et si certains peuvent éviter de commettre de grosses erreurs avec leur argent parce qu’ils se sont renseignés un peu plus, et bien tant mieux !

  1. The Winkyverse, qui reste une position spéculative pure et à ce jour encore un peu virtuelle, car en tant que faisant partie du round 2 de la prévente, je suis soumis à une période de vesting avant de pouvoir toucher mes jetons. J’avais d’ailleurs hésité à participer au premier round, mais j’ai opté pour le second pour avoir un vesting plus rapide. A vrai dire, j’aurais sans doute préféré vendre un tiers de ma position au moment où le prix était à X3, mais c’est aussi pour cela qu’il y a du vesting: pour stabiliser le prix. Evidemment, le krach actuel n’aide pas à un lancement serein. Cependant, c’est un projet auquel je crois. Du moins, j’estime que je devrais pouvoir faire du bénéfice et j’ai investi une part de mes gains réalisés en 2021. Au pire, je perdrai ces gains. Ceci dit, mon PRU de départ est de 0.08 € donc je suis toujours dans le vert malgré la chute récente. De toute façon, c’était un pari pour 2022… Et le succès du lancement initial a fait grossir cette ‘déjà grosse) position au point de la catapulter à la première place. Cela ne me rassure qu’à moitié, mais nous sommes dans un monde ultra-spéculatif…
  2. PAXG: Une partie de mes bitcoins se sont transformés en or à deux reprises, en avril puis en septembre. Le PAXG est un peu mon « tracker inverse » sur le bitcoin. Quand ce dernier baisse, je me réfugie dans l’or. Cette position a été divisée par deux car j’ai réinvesti entre temps (sur des positions de swing trading, qui ont elles-même été positives dans l’ensemble, même s’il en reste quelques unes à dénouer).
  3. DAI: ce stablecoin algorithmique a déjà fait ses preuves depuis quelques années. Certes, il a connu des troubles, mais j’ai assez confiance en lui. Une grosse partie est en farming (entre 10% et 20% annuel) sur différentes plateformes.
  4. BUSD: le stablecoin de chez Binance. C’est également Paxos qui le garantie et pour un stablecoin backé par des vraies devises, j’ai davantage confiance en celui-ci qu’en celui de Tether… Cette partie est à moitié en farming et le reste disponible.
  5. ELK: C’est mon projet « nanocap spéculatif » de 2022. J’ai accumulé fin 2021 et le prix a explosé, ce qui explique sa place dans le haut du classement. Je l’utilise pour du farming sur Elk Finance. Cela reste (très) risqué, mais je pense que si le projet ne connait pas de bug majeur, il peut encore aller beaucoup plus haut (beaucoup, beaucoup plus haut). Juste avant le krach, il était encore deux fois plus important et j’avais hésité à vendre une partie. Tant mieux ou tant pis, selon…
  6. TerraUSD: le stablecoin algorithmique de l’écosystème TerraLuna, qui me semble avoir un gros potentiel. Je l’ai découvert assez tardivement, ce qui explique que je n’ai presque pas de tokens LUNA car trop cher aux prix actuels, même si avec la correction, cela peut redevenir intéressant. Du coup, j’ai mis un (gros) pied dans l’écosystème à travers le stablecoin associé. Il n’a pas cillé durant le krach actuel, ce qui est plutôt bon signe. J’ai une moitié en farming.
  7. USDC: Le stablecoin de Coinbase est sans doute le token le plus accepté à travers différentes blockchains. Contrairement à Tether, le backing me semble plus solide, même si je me diversifie… Une bonne moitié est également en farming.
  8. EOS: Ce token est typiquement le style de projet sous-évalué à cause de mauvaises décisions de marketing et de développement, mais qui présente de vrais avantages techniques. Malheureusement, il prend du retard sur ses concurrents et je regrette un peu d’avoir investi. A la base, c’est une position de swing trading de moyen terme. Il se trouve dans ma zone de stoploss (j’utilise souvent des petites zones, pour éviter les pics de volatilité). Actuellement, il a chuté à cause du krach, donc je surveille de près et il se peut que je coupe à tout moment.
  9. BCT (et non pas BTC) qui est une crypto basée sur le carbone. Sa valorisation est délicate (et c’est sans doute une des raisons de sa construction). Il me sert à couvrir mon (mauvais) test sur KLIMA et effectivement, il est plus intéressant que le rebase token auquel il est associé. Il faudrait que j’écrive un article sur les rebase tokens, qui sont très délicats à manier, mais grâce à ma diversification, j’ai pu faire des X2 sur un certain nombre de projets et donc les derniers que je garde, à perte, sont finalement un poids assez léger. Ceci dit, je me sers du BCT en swing trading et mon TP a été frôlé il y a quelques semaines. Maintenant, il se dirige vers ma zone de stoploss…
  10. AVAX: Le réseau Avalanche me semble être un prétendant sérieux. Je suis entré en swing trading, j’ai validé une partie de mes gains, et j’ai gardé une « petite » position pour le moyen terme. Evidemment, le krach n’a pas fait du bien, et il a dévissé encore plus que d’autres… On verra bien ce que ça donne. Autant, j’ai validé des gains conséquents sur Fantom (qui n’apparait donc plus dans ce classement) autant j’aurai dû en faire autant avec AVAX, mais j’ai préféré couper la poire en deux. J’espère que le fruit ne pourrira pas trop vite !

Cette semaine a été très mouvementée et heureusement que j’ai une part importante en stablecoins, mais malgré cela, j’ai entamé une part de mes profits de l’an passé. Ceci dit, quand on investi en cryptomonnaies, il ne faut pas avoir peur de la volatilité. C’est surtout la fin de mon classement qui plombe mon portefeuille, qui par définition, est moins importante en poids relatif. Heureusement !

(Mon portefeuille action est plus calme pour le moment, mais j’ai déjà pris du BX4 car la situation macroéconomique et politique, avec l’Ukraine, m’inquiète…)

Bonne semaine et soyez prudents ! N’investissez que des sommes que vous pourriez perdre et n’oubliez pas que l' »on ne rattrape pas un couteau qui tombe ».

Disclaimer: Tout ce qui est exprimé dans cette lettre ne reflète que l’avis personnel de son auteur et ne constitue en rien un conseil en investissement. Chacun est responsable de ses propres décisions dans la gestion de son patrimoine.

Investir dans les cryptomonnaies sans stresser (même pendant un krach !)

Source: https://dubonheuretdeslivres.com/citations-zen/

Dans mon précédent article, je disais qu’il était nécessaire de choisir une stratégie et surtout de s’y tenir.

C’est d’autant plus important qu’il arrive régulièrement que le marché s’effondre. Dans les cryptomonnaies, la volatilité est extrême et il faut bien comprendre cette vérité. Nous sommes dans un marché spéculatif ultra-volatile, donc même les « valeurs sûres » sont de véritables tobogans !

Ce qui est important, c’est de savoir pourquoi on achète un (crypto)actif. Est-ce qu’on veut faire un bénéfice rapide ou est-ce qu’on croit dans un projet sur le long terme ?

Dans le premier cas, on fait du trading, et très franchement, sans une méthodologie éprouvée, du temps disponible (donc sans avoir un autre travail en parallèle), et sans un état d’esprit adapté, il vaut mieux ne pas y toucher, ou alors avec une part de capital « casino ».

Je parle ici d’investissement, donc sur le long terme.

Certes, le temps se déroule plus rapidement dans l’univers des cryptomonnaies. Beaucoup de choses peuvent se produire en une petite semaine. On peut allègrement passer d’un plus haut historique à un -50%. C’est ainsi dans ce marché.

Cela va peut être évoluer au fil des années, mais cela risque de prendre (beaucoup) de temps.

Mon blog est destiné pour des débutants ou du moins des personnes qui investissent pour essayer de faire mieux que le livret A. Il me semble donc que de proposer une méthode simple est adéquat.

A titre personnel, j’utilise plusieurs stratégies en parallèle, mais une partie non négligeable de mon portefeuille (crypto et actions) est basé sur ce simple principe: si on achète un petit peu régulièrement pendant un temps suffisant, on finit par accumuler à un prix « correct » et il suffit de vendre régulièrement un petit peu pendant un temps suffisant lorsque le marché est élevé pour nécessairement faire du profit.

Bien sûr, il y a plusieurs conditions:

  1. Appliquer réellement la stratégie, ce qui demande au préalable de l’avoir écrite et définie précisement.
  2. N’investir que de l’argent dont on peut se passer, pour ne pas se retrouver bloqué devant une stratégie qu’on ne peut plus appliquer sans s’endetter/se priver (voir le point 1.)
  3. S’approprier la stratégie pour pouvoir l’appliquer (le mieux est donc de l’avoir élaboré/adapté soi-même, car cela ôte les doutes liés au fait de devoir suivre la stratégie de quelqu’un d’autre)

Si on arrive à faire tout cela, à condition que la stratégie ne soit pas complètement idiote (s’appuyer sur les cycles de la lune ou que sais-je encore…), il n’y a pas de raison de ne pas faire des bénéfices, dans la durée. Evidemment, si vous pariez sur la mauvaise entreprise ou un projet crypto farfelu, c’est un autre problème…

Définition de la stratégie

Je rappelle ici que ce ne sont pas des conseils à suivre, mais un exemple de ce que je fais à titre personnel. Faites vos propres recherches et élaborez vos propres stratégies !

Le principe: DCA (investissement programmé)

Support: un panier de 3 cryptomonnaies dans le top 10 début 2022: le bitcoin, l’ethereum et le polkadot

Allocation des actifs: Je choisi ici de répartir équitablement en trois tiers.

Sommes investies: Environ 200 € par mois

Conditions de sorties: Après le prochain halving de 2024

a) L’investissement programmé

Je vous renvoie à un très vieil article (parlant de Bourse, mais applicable sur tous les actifs): https://www.investisseur-particulier.fr/vous-en-avez-assez-des-yoyos-de-la-bourse-essayez-linvestissement-progressif

L’investissement programmé consiste donc à acheter pour une somme fixée à l’avance à une fréquence régulière.

Je choisi ici d’effectuer l’achat le 1er jour de chaque mois.

(Dans les faits, il peut être nécessaire de décaller d’un ou deux jours, par exemple si le marché en question est fermé le week-end… Avec les cryptos, le marché ne ferme jamais et cela offre de la flexibilité).

b) Le choix des cryptoactifs

J’ai décidé de constituer un portefeuille à long terme sur 3 cryptomonnaies dans le TOP 10 au 1er janvier 2022.

Il s’agit donc de :

  • bitcoin (BTC): car cela reste le Roi dont les mouvements sont épiés et qui sert encore de véritable index des cryptos. Quand il tousse, tout le monde s’enrhume (et certains meurent d’une pneumonie…). De plus, il est pour moi l’un des plus sécurisé, même si sa technologie a d’autres limites. Je veux investir sur le long terme.
  • ethereum (ETH): le second au classement depuis longtemps et la base de tous les smart contracts. C’est grâce à lui que la finance décentralisée (DEFI) existe. Beaucoup de projets veulent être le prochain ethereum, mais en attendant, il se peut aussi que le prochain soit ETH 2.0. Il est également très sûr, même s’il y a risque lors de son passage de la proof of work (comme bitcoin donc) à la proof of stake (plus économe en énergie, mais qui présente d’autres problèmes… Que je ne détaillerai pas ici.)
  • polkadot (DOT): on passe directement à la dixième place, mais je l’ai choisi car il est plus décentralisé que Cardano, la Binance Smart Chain, Ripple, Solana, Terra Luna, qui sont devant lui en capitalisation. Ces dernières dépendent tous massivement d’une entreprise privée (et donc sont tout le contraire de l’esprit des cryptomonnaies et à la merci de la régulation). De plus, la technologie des parachains et l’orientation vers le cross-chain me semble avoir un gros potentiel.

Remarquez que le choix de ces cryptos est déterminant. On pourrait se contenter des deux premiers, on pourrait aussi prendre les dix premiers (mais de ce fait, on commence à compliquer cette stratégie). A titre personnel, je ne pense pas que le marché des cryptos se décorrele du bitcoin et de l’ethereum. Ajouter un outsider peut créer la surprise, et au pire, une contreperformance devrait se réguler par les deux autres…

Je n’affirme pas ici que ces trois là seront encore dans le top 10 en 2024, mais pour au moins les deux premiers, je serai très surpris que cela ne soit pas le cas. On ne peut jamais prévoir, surtout avec des actifs corrélés.

Faites vos recherches ! A titre personnel, j’ai d’autres paniers plus large et je ne mets en place celui-ci juste pour l’exemple de ce blog (et cela diversifiera un peu plus mes stratégies !).

c) L’allocation des actifs et sommes investies

J’ai essayé de choisir une somme qui me semble raisonnable pour toute personne voulant investir dans les cryptomonnaies, même si je pense que pour beaucoup, 200 € représentent déjà une part très importante de la capacité d’épargne et par conséquent, il s’agit donc d’une somme trop importante pour un investissement « risque » sur les cryptos. Je pense plutôt à une personne qui peut économiser environ 800 à 1000 € par mois et qui décide de « faire le pari » sur les cryptos.

On doit donc adapter cette somme aux ressources de chacun, et on pourrait très bien imaginer une « alternative au livret A » avec seulement 20 € par mois, ou si vous avez des revenus conséquents, augmenter cette enveloppe à 500 ou 1000 € (en gardant toujours à l’esprit que cela n’est qu’un investissement « d’appoint »/spéculatif).

J’ai donc débuté ce portefeuille avec la somme de 500 € répartis pour un tiers dans chacune des trois cryptomonnaies choisies.

Cela permet d’ajouter 200 € par mois pendant environ 3 ans. Les sommes investies se montent donc à 500+36×200= 7700 €.

Pour faciliter les calculs, il s’agit donc d’investir 66 € par mois dans chacune des cryptomonnaies évoquées.

On peut s’arrêter à cette méthode, mais personnellement, je vais compliquer légèrement en parlant d’allocation cible. C’est à dire que mon objectif est de m’assurer que tous les mois, j’achète les cryptos pour arriver à respecter mon allocation de départ, à savoir 33% dans chacune. Autrement dit, cela signifie qu’on achète un peu plus des cryptos qui ont le moins augmentées (ou le plus baissées) et un peu moins sur les « gagnantes ».

Je me suis fais un petit tableau Googlesheet qui calcule automatiquement la somme à ajouter. Je suis loin d’être un expert des tableurs et j’imagine qu’il y a d’autres méthodes ou supports. Personnellement, j’aime beaucoup Excel/Googlesheet, car cela reste assez simple et flexible.

Valorisation du portefeuille au 22/1/2022

Vous voyez d’ailleurs qu’étant donné le krach actuel, la perte est conséquente. En toute logique, c’est le plus « fragile », à savoir le polkaDOT qui a le plus baissé. Mais c’est aussi en général celui qui va le plus augmenter.

Comme nous sommes au tout début de cet investissement progressif, il est logique qu’un krach entraîne une forte baisse de ce portefeuille. Le risque va se lisser sur le temps (et en passant, commencer juste avant un krach n’est pas le meilleur moment, mais ce n’est pas grave, c’est le principe de ce type d’investissement de ne pas se soucier du market timing).

On constate que si je devais acheter aujourd’hui, je prendrai beaucoup plus d’ETH et de DOT, car ceux-ci ont davantage baissés, que les BTC.

Remarque: J’ai indiqué dans mon document les échanges sur lesquels j’achète mes cryptos, mais ce n’est en aucun cas un conseil. Remarquez également que j’utilise le wETH , qui une « copie conforme » d’ETH sur à travers le réseau Polygon (qui a des frais négligeables par rapport à ceux du réseau Ethereum, qui s’adresse aux gros portefeuilles et investissements). Il y a d’autres solutions, et effectivement, l’utilisation d’une surcouche de réseau augmente le risque global, mais pour moi, Polygon est une excellente solution actuellement.

d) Conditions de sorties

Il est bien beau d’accumuler, mais à un moment donné, il faut prendre ses profits.

Evidemment, on peut vouloir accumuler des cryptos pendant toute sa vie, mais j’ai volontairement mis une échéance à 3 ans sur ce portefeuille, car d’une part, beaucoup de choses peuvent se passer en 3 ans, et d’autres part, j’ai également des portefeuilles à plus longue durée d’investissement (et d’autres où je fais du swing trading sur quelques semaines…). Enfin, le choix de l’année du prochain halving du bitcoin n’est pas anodin. En effet, en principe (en tout cas, il y a une certaine logique que cela se passe encore la prochaine fois), à chaque halving, le bitcoin devient deux fois plus rare et donc potentiellement deux fois plus cher. Autrement dit, je pars du principe que quelle que soit l’évolution des prix d’ici là, en 2024, le prix devrait encore une fois augmenter et il devrait donc s’agir d’un bon moment pour prendre ses profits.

Date de halving du bitcoin – source: https://www.coinwarz.com/mining/bitcoin/halving

Définir une condition de sortie est difficile, car on ne sait jamais si le prix est « bon ». C’est tout aussi difficile que d’entrer en position. Si l’investissement progressif enlève la pression du choix de l’entrée, il n’offre pas de solution pour une bonne sortie.

Personnellement, j’affectionne les sorties progressives sur des niveaux clés, mais pour rester simple dans cette stratégie, je propose cette méthode:

  • Si le prix de chaque actif pris séparement est le double de la moyenne mobile 200 jours à partir du mois suivant le halving, on sort la position à 50% et on arrête l’investissement progressif
  • Si le prix est égal au triple de la moyenne mobile 200 jours, on sort 50% de ce qui reste (donc 25% de la somme initiale, bien sûr, on a déjà arrêté l’investissement progressif à l’étape préalable)
  • On sort le reste au 1er janvier 2025 OU s’il retombe entre temps sur la moyenne mobile 200 jours.

Si aucune de ces conditions n’est valable, on arrête l’investissement progressif le 1er janvier 2025 (soit 3 ans après le début) et on sort tout quel que soit le prix. A moins que le prix ait fortement baissé durablement (et encore), on devrait être en gain, plus ou moins. Si on est en perte, cela signifie probablement que l’hypothèse de départ de cette stratégie ne s’est pas vérifiée ET que le prix est en baisse quasi constante depuis le début. Tant pis, on perd (mais à moins d’une catastrophe sur les cryptomonnaies, on devrait tout de même ne pas perdre grand chose avec une stratégie d’investissement progressif).

Ce qu’il faut éviter à tout prix, c’est de commencer à réfléchir et changer de méthode PENDANT l’application de cette stratégie.

On peut éventullement ajouter dès le départ une condition optionnelle comme par exemple: « si à tout moment, mon investissement fait +1000 % (ce qui veut dire qu’à un moment le prix du bitcoin s’envole dans une pure spéculation extrême vers 300 000 ou plus !), et bien il faut savoir prendre ses profits. »

Mais hormis ces cas, il NE FAUT PAS REFLECHIR pendant. C’est avant qu’on doit le faire. Et tant pis si à un moment mon investissement fait +960 % et retombe à +20% fin 2023 ! Si vous pensez ne pas pouvoir tenir cette stratégie, c’est qu’il faut la modifier (exemple: vendre une moitié si on fait +500%, etc).

On peut bien sûr appliquer ce genre de stratégie aux actions ou aux indices. J’ai choisi l’exemple des cryptomonnaies essentiellement parce que c’est une classe d’actif extrêmement volatile et donc, il est intéressant de lisser cette volatilité pour éviter de stresser à chaque mini (ou maxi) krach, et se contenter de suivre sa stratégie.

Remarquez également qu’on peut simplifier cette stratégie en investissant la même somme dans les 3 cryptoactifs choisis, ou simplement prendre uniquement le bitcoin (même si je n’aime pas trop l’idée de dépendre d’un seul actif, dans n’importe quel domaine, même un ETF World).

Toujours est-il que vous devez faire vos propres recherches et vos propres choix de stratégie !

Bon investissements, et sachez garder la tête froide !

Dans TOUS les domaines, la persévérance paient souvent plus que l’impatience.

PS: Je compte publier tous les mois, l’évolution de cette stratégie, que je vais faire sur un portefeuille réel, en complément à mes autres stratégies. A suivre donc…

BILAN 2022

Investir dans les cryptomonnaies sans stresser

Cours du TRON en données hebdomadaires… Un peu de volatilité depuis 2018…

Pour un investisseur, la volatilité peut être une ennemie, car il n’aime pas voir la valeur de son portefeuille fluctuer trop brutalement. Quand on « perd » 50% de ses avoirs, cela peut être quelque peu stressant. Beaucoup de gens supportent déjà mal un -10%, surtout quand cela représente une somme non négligeable…

Dans l’exemple qui illustre cet article, le TRX (Tron), actuellement la 26ème capitalisation parmi les cryptomonnaies (tout de même 6,6 milliards de dollars à l’heure où j’écris ces lignes), qui est donc une sorte de « petite large cap », nous sommes tout de même passé de 0 à 35 cents avant de rechuter vers moins d’un cent. Notez en passant que le cours est remonté en 2021 à presque 20 cents, pour un gain d’environ 2800%.

Toutes les cryptomonnaies ne sont pas aussi volatiles, mais en règle générale, nous sommes tout de même au-delà de ce qu’on peut s’attendre à voir dans des actions « small caps » très spéculatives.

En fait, si on devait comparer les cryptomonnaies à des actions, on pourrait considérer qu’elles se comportent comme une nanocap/startup dans le domaine de la tech, tout en ayant une capitalisation bien supérieure.

Mais peut-on vraiment comparer des « capitalisations » de « monnaies » ? Peut-on comparer la capitalisation de l’euro avec celle de Total ou IBM ?

Beaucoup de gens en sont venus à s’intéresser aux cryptomonnaies parce qu’ils ont compris qu’il y avait des gains à faire dans le domaine. Hormis les adeptes de la décentralisation et les défenseurs des concepts novateurs qu’apportent ces cryptos, la plupart des gens s’intéressent surtout à la meilleure manière de gagner de l’argent.

En ce qui me concerne, je suis un peu entre les deux visions, mais il est clair que mon site s’appelle « L’investisseur (très) particulier », et non pas « Le révolutionnaire (très) particulier ». Bien que ce sont des sujets auxquels je suis très sensible…

Bref, vous êtes ici pour investir et vous enrichir.

Malheureusement, il n’y a pas d’argent facile (« there is no free lunch ») ! Si les rendements sur les cryptos peuvent être exceptionnels (et je pèse mes mots!), c’est qu’il y a également un risque important. En effet, pouvoir contrôler ses avoirs et « être sa propre banque » entraîne également une responsabilité. Si vous vous trompez dans l’envoie d’une cryptomonnaie sur une mauvaise adresse, ou un mauvais réseau, il est très probable que vous pouvez dire adieu à votre argent.

Il y a donc un réel travail de formation technique à accomplir.

Evidemment, on peut rester dans un système ressemblant à un système bancaire classique en laissant ses cryptos sur des échanges offrants de grandes facilités et une bonne ergonomie pour l’utilisateur, mais cela revient à faire une confiance aveugle dans votre prestataire. En effet, contrairement à une banque, un échange, aussi grand soit il, n’est en rien tenu de vous rembourser, même si la faute vient d’eux ou qu’ils aient subi un piratage… Tout ce qui pourrait suivre ne sera qu’un geste commercial pour vous dédommager (et aussi sauvegarder l’image de l’entreprise concernée…). Je ne vais pas m’apesentir sur ce sujet, mais « not your keys, not your coins ». Donc, à partir d’une certaine somme, il faut utiliser des portefeuilles personnels (« cold wallet ») où vous êtes la seule personne à avoir votre clé privée.

Nous voilà à nouveau dans l’aspect technique: choisir un cold wallet et l’utiliser correctement demande déjà un certain temps d’apprentissage (et quelques frais).

Ensuite vient la stratégie d’investissement.

Je parle ici d’investissement et non pas de trading. Vous me croirez ou non, mais sachez que si vous voulez faire du trading, vous serez moins rentable que si vous investissiez. Bien sûr, dans un marché haussier, n’importe qui achetant n’importe quoi devrait pouvoir faire des bénéfices (s’il revend à temps bien sûr !)

Se lancer avec une stratégie d’investissement adaptée

Après avoir pris le temps de bien vous renseigner sur l’aspect technique de l’achat et de la sécurisation de cryptomonnaies, pris le temps d’ouvrir un compte dans un échange afin de pouvoir passer votre argent fiat en cryptomonnaies, vous voilà prêt à investir.

Encore faut-il décider et suivre une stratégie.

Si vous avez pris le temps de lire mon blog, qui est avant tout consacré à l’investissement en Bourse (et aussi au trading, notamment sur le Forex), vous devriez avoir compris que je suis un adepte de l’investissement progressif.

On parle aussi d’investissement programmé et sa version anglaise, le dollar cost averaging.

Wikipédia nous offre la définition suivante: « L’achat périodique par sommes fixés est une stratégie d’investissement en bourse qui consiste à investir régulièrement une somme toujours identique sur le même support quel que soit l’état du marché. L’objectif de cette stratégie d’investissement est de réduire le risque lié à la volatilité des marchés financiers. »

Il existe bien sûr de nombreuses variantes de cette stratégie, mais l’essentiel reste de lisser son investissement à travers le temps en achetant à intervalles réguliers QUEL QUE SOIT L’ETAT DU MARCHE !

En ce qui me concerne, comme il s’agit de réduire le risque de volatilité, cette stratégie me semble parfaitement adaptée aux cryptomonnaies.

Tout comme pour une action, cela n’a de sens que si on croit profondément dans la pérénité de celle-ci. Par exemple, si vous pensez qu’Intel (capitalisation boursière = 217 milliards) a de l’avenir malgré la rude concurrence et son côté « old tech » (injustifié en partie selon moi en passant), vous pouvez y investir par un investissement programmé, par exemple avec un achat tous les mois ou tous les trimestres. A vous de définir l’importance relative de cet investissement par rapport à vos moyens, mais aussi par rapport à vos propres règles de diversification. Je pourrais prendre le même exemple avec un ETF sur un indice « Monde » par exemple.

Maintenant, si vous voulez investir dans une valeur plus incertaine (Twitter par exemple avec 31 milliards de capitalisation boursière, qui en passant se vend actuellement au même prix environ que lors de son introduction en Bourse en 2013), ou mieux encore une des nombreuses petites sociétés « à potentiel, mais qui brûle du cash » comme Nanobiotix (0,21 milliard), il faut :

1. Décider de la part de votre portefeuille que vous voulez y consacrer

2. Fixer dès le départ une durée, une fréquence d’investissement

3. Fixer dès le départ des conditions de sortie (qui peuvent être « jamais » ou « si le cours double » ou « si le cours est au moins +60% dans un an/dix ans »…).

L’un des points forts que je vois dans les cryptomonnaies, c’est de pouvoir « faire tourner » facilement plusieurs stratégies indépendantes. Il est très facile de créer des wallets indépendants, avec différentes stratégies.

C’est ce que je fais d’ailleurs à titre personnel depuis fin 2020. J’ai plusieurs stratégies qui demanderaient un petit livre pour être expliquées correctement, mais grosso modo, je me diversifie beaucoup (tout en sachant que la diversification entre cryptomonnaies est toute relative, je vois ça plutôt comme protection contre une mauvaise manipulation, un piratage de protocole ou tout simplement des failles informatiques – y compris sur des gros réseaux car il ne faut pas oublier que la plupart sont toujours en « beta test »).

Je me diversifie aussi dans les stratégies: buy&hold/long terme, swing trading moyen ou court terme, farming.

J’ai BEAUCOUP appris depuis 2020, notamment sur l’aspect technologique, et plus j’apprend, plus je comprends et j’entrevois le potentiel des technologies blockchains. C’est évidemment une affaire de conviction personnelle et je n’encourage absolument personne à m’imiter. Chacun est responsable de ses propres investissements. Mon objectif est de vous faire réfléchir sur le fait qu’on ne peut pas gagner de l’argent durablement sans un travail sérieux et une stratégie organisée.

A vrai dire, les cryptomonnaies m’ont redonné envie d’écrire pour ce blog. Cela ne veut pas dire que j’abandonne la Bourse, mais je n’avais plus grand chose à dire, tant mes investissements sont rôdés.

Au moment où j’écris ces lignes, le marché crypto global est en plein mini-krach (-37% de la capitalisation crypto totale depuis les plus hauts de début novembre 2021). Cela peut descendre bien plus bas, ou remonter aussi sec. JE N’EN SAIS RIEN, comme je n’ai jamais su prévoir l’avenir, faute de pouvoirs magiques notamment ! Je ne peux qu’émettre des hypothèses.

L’investissement progressif est reposant dans ces situations car il ne prend guère en compte l’état du marché actuel.

A force de discuter, sur Discord notamment avec des néoinvestisseurs en cryptos, je me rend compte que c’est le far west. Chacun son avis et sa « stratégie gagnante » (trouvée sur Youtube ou « par un ami, très bon »). Certes, il y a de bons techniciens des blockchains (et encore, ils restent rares), mais ceux qui ont une vision cohérente de l’investissement sont très rares.

Mon blog s’adressant avant tout à des débutants, je vous propose donc une stratégie simple, à vous approprier évidemment et à adapter à vos besoins/ressources/risques.

(à suivre…)

La finance dans l’ère du Covid – maintenant et tout de suite ? (3/3)

D’après https://defillama.com/ – au 28/12/2021

La finance décentralisée (« DeFi ») a explosé depuis un an. Sur la courbe ci-dessous, on ne voit même pas ce qu’il y avait avant 2020, avec des valorisations de l’ordre de 500 millions à quelques milliards.. Ce qui est certes une goutte d’eau dans l’univers de la finance.

Par exemple, les dix plus grandes entreprises mondiales représentent bien plus… L’ensemble de la DeFi représente encore qu’environ 80% de la capitalisation de Berkshire Hathaway, la célèbre entreprise de Warren Buffet… Ce qui est tout de même déjà pas mal, mais dans l’absolu, il reste de la marge…

Source: https://companiesmarketcap.com/ au 28/12/2021

Si on prend les 10 plus grosses capitalisation dans le secteur de la DeFi, on retrouve des protocoles qui ont fait leurs preuves. Evidemment, ce classement est à prendre avec des pincettes, car il se discute. Par exemple, on ne peut pas comparer des protocoles purement DeFi comme Curve, AAVE ou Compound avec le WBTC qui n’est qu’une version de bitcoin sur la blockchain d’Ethereum. De plus, cette liste ne prend pas en compte ce qui se passe sur la vénérable blockchain Bitcoin, comme par exemple Badger Finance et son « petit » milliard, etc.

Mais cela donne une idée tout de même de l’importance de ces protocoles DeFi et de leur potentiel à venir (sans compter les nouveaux qui n’apparaissent pas encore dans ce top 10, mais qui pourrait s’y incruster rapidement, comme l’a fait Curve qui pour ainsi dire n’existait presque pas il y a un an…)

Les dix principaux protocoles de DeFi – d’après https://defillama.com/ – au 28/12/2021

L’explosion de Curve Finance – au 28/12/2021

Pourquoi la DeFi est-elle en si forte augmentation ?

La réponse tient en une réponse simple: le rendement exceptionnel. Plus de dix pourcents pour des pools de stablecoins… On est loin des obligations sur le dollar…

Rendements de ce jour – 28/12/2021 sur Curve

Et encore, si on s’enfonce un peu plus loin dans le classement, avec par exemple Pancakeswap (13ème à ce jour) et des cryptos un peu plus… exotiques, on atteint des sommets au niveau des rendements, qui peuvent même paraître inquiétants (et d’ailleurs, ils le sont d’une certaine façon, car ces rendements ne sont pas durables et il y a des pertes possibles par l’impermanent loss, mais je ne vais pas rentrer dans les détails ici).

Oui, on atteint des centaines de pourcents par an… Même si bien sûr ces taux ne sont recalculés chaque jour et qu’ils ne sont valables qu’en marché haussier (ce qui est le cas depuis plus d’un an… Mais comme en Bourse classique me direz-vous à raison). Personnellement, à part le CAKE et le BNB, qui sont des tokens « relativement sûrs », et donc avec des rendements plus raisonnables bien qu’encore incroyables par rapport à la finance traditionnelle, je ne miserai rien sur les autres, mais je ne pratique pas ce type de farming, donc il se peut qu après une étude plus approfondie un ou plusieurs d’entre eux aient un véritable avenir, au moins à moyen terme.

Un exemple des rendements proposés sur le « farming » sur Pancakeswap – au 28/12/21

Les risques

Il faut savoir qu’il n’y a pas de rendement sans risque. Donc, même pour des stablecoins, a priori indexés sur le dollar, il y a toujours un risque de désindexation pour une raison ou une autre.

Les différents protocoles de DeFi peuvent avoir des failles et être hackés (ce qui arrive de temps à autre, même aux plus grands), bien qu’il y ait la possibilité de souscrire des assurances contre ces événements.

Pour les projets moins importants, et anonymes, il y a aussi simplement le risque que les créateurs ne partent avec la caisse. Ce phénomène de rugpull peut cependant être évite car les smart contracts qui définissent ces protocoles sont en général publics et donc vérifiables. Et croyez-moi, quand certains y mettent plusieurs (dizaines ou centaines) de millions, ils ont également les moyens de faire vérifier par des experts. Par exemple, il n’y a quasiment aucun risque sur Curve, alors que Grim Finance (à la 464ème place de ce classement, avec tout de même 6 millions de dollars en coffre) s’est fait hacké le 19 décembre dernier.

Attention, il y a aussi des gros protocoles audités qui se font avoir, c’est le principe de l’informatique: il y a « toujours » un hacker qui trouve ce que d’autres n’ont pas vu…

La principale différence, c’est que les gros ont souvent les moyens de dédommager leurs utilisateurs, ne serait-ce que pour leur image de marque.

Bref, à moins d’être calé dans le domaine, ou de se diversifier à l’extrême à la recherche de rendement tout en minimisant les risques, mieux vaut rester dans les choses « raisonnables ».

Notez que pour moi qui vient de l’investissement tradtionnel en Bourse, les choses raisonnables comme 10%/an sur du dollar me paraissent déjà incroyables.

Conclusion

Ces rendements ne peuvent pas durer éternellement, mais il est tout à fait possible d’en profiter encore quelques temps (quelques années sans doute). Pourquoi se priver ?

Par la suite, il est fort à parier que l’adoption massive aidant, les rendements vont se tasser fortement. Actuellement, c’est possible uniquement parce qu’il y a des entrées d’argent massives dans le système. Et ce n’est sans doute que le début…

Cet avis n’engage évidemment que moi et ne constitue en rien un conseil en investissement.

D’ailleurs, tout cela demande une certaine formation personnelle, à moins de faire confiance à des tiers sérieux (comme les PSAN en ce qui concerne la France) qui proposent des services de DeFi contre une part des revenus bien sûr… Mais encore faut-il faire confiance en leur pérénité.

Le point essentiel de mes propos est de montrer que la finance s’est transformée/est entrain de se transformer. Personne ne voudra rater le train, même ceux dont ce n’est pas l’intérêt à long terme.

Les technologies de blockchain qui permettent la DeFi vont probablement transformer durablement le paysage de l’investissement et de la finance internationale (en bien ou en mal…).

J’ai passé un certain temps sur des forums Discord (initialement prévue pour les gamers et où la moyenne d’âge est certainement plus proche de la vingtaine que de celle de retraités boursicoteurs amateurs) et ce que j’en ai retenu c’est que:

  • un bon nombre de personnes sont très calées dans le côté technique, mais c’est loin d’être une majorité
  • un nombre encore plus important de personnes ne comprennent pas ce qu’ils font, ni du point de vu de l’investisseur rationnel ni de celui de « l’utilisateur blockchain » et ne doivent leur succès (pour ceux qui ont en eu, sans doute provisoirement) qu’à un marché fortement haussier
  • un rendement à 3 chiffres est « normal » et donc recherché, un rendement à 2 chiffres est acceptable (il existe des extrêmes… avec les « rebase tokens », mais j’y reviendrai, qui promettent parfois quelques millards de pourcents par an… même si c’est bien sûr une illusion, il y a néanmoins un mécanisme novateur derrière… J’ai parfois vu des gens qui pensaient qu’un protocole donné était « mauvais » car il n’offrait que quelques centaines de milliers de pourcents de rendement, par rapport à d’autres plus généreux !)
  • l’impatience règne en maître et le temps s’écoule différemment dans l’univers des cryptos…. Un mois ou deux est considéré comme du long terme par certains, parfois on se contente de récupérer un dixième de pourcent en 1h avant d’aller voir ailleurs… Tout cela est possible par l’extrême rapidité de la plupart des blockchains.
  • beaucoup de gens considèrent que prendre des risques insensés est normal, quitte à se faire avoir (« rekt », qui vient de l’anglais « wrekt » et qui signifie subir une énorme perte) en échange de bénéfices tout aussi élevés (ce qui au final est un raisonnement qui se tient).

J’en ai aussi déduit que le livret A avait des soucis à se faire quand la majorité de cette génération de nouveaux investisseurs va être à l’aise avec les cryptos (car malgré tout, ils restent encore relativement minoritaires pour le moment). Ou alors, il faudra qu’il s’adapte, en incluant quelques bitcoins, en plus des euros…

Pour le moment, je pense qu’il y vraiment deux mondes: l’ancien avec l’épargne classique et la Bourse classique, et le nouveau avec les cryptomonnaies et la DeFi qui en résulte. Les deux peuvent encore coexister chacun de leur côté, mais ils vont finir par s’influencer et se transformer l’un l’autre. C’est d’ailleurs déjà le cas quand on pense à des entreprises côtées comme Microstrategy et son immense stock de bitcoins comme quasi-seule trésorerie.

Un investisseur doit rester agile et s’adapter pour aller là où l’argent coule… Tout en restant prudent et raisonné. C’est sans doute le plus difficile à faire !

N’oubliez pas que vous êtes les seuls responsables de vos investissements et que cet article n’a qu’une vocation à pousser à la réflexion et ne constitue en rien un conseil d’investissement.

Articles précédents:

 https://www.investisseur-particulier.fr/la-finance-dans-lere-du-covid-maintenant-et-tout-de-suite-1-3

https://www.investisseur-particulier.fr/la-finance-dans-lere-du-covid-maintenant-et-tout-de-suite-2-3

La finance dans l’ère du Covid – maintenant et tout de suite ? (2/3)

Source: https://www.redbubble.com/fr/i/sticker/WSB-The-Kid-Diamond-Hands-par-HipsterDelight/70764540.EJUG5

Chaque génération est le reflet de l’époque qui l’a vue grandir. Les inventions, les nouvelles technologies, les grandes crises politiques et économiques ne sont que quelque uns des phénomènes qui sculptent les caractéristiques, les aspirations et les valeurs qui seront portées par une génération.

Source: https://www.psycho-ressources.com/bibli/generations-x-y-z.html

Alain Rioux, Ph. D.

L’influence des générations a un rôle moteur dans l’évolution humaines. La plupart des grandes découvertes souvent venues par de « jeunes chercheurs ». De même, les business qui ont changé le monde ont rarement été fondés par des pré-retraités !

La situation géopolitique et donc économique influence évidemment chaque génération, mais cette situation résulte des actions de la génération précédente. Il y a donc de nombreuses interactions.

L’investissement financier est évidemment interdépendant de tous ces facteurs.

Lorsqu’un « bon père de famille » (encore jeune) investi dans les années 60, il va le faire très différemment que ses enfants (voir petits-enfants).

La culture de chaque pays a également une influence sur la manière d’investir: plus d’immobilier (France), plus d’or sous toutes ses formes (Asie), plus d’actions de l’entreprise pour laquelle on travaille toute sa vie (Japon), plus d’actions (USA), plus de cryptomonnaies (Hollande) ?

Dans ce monde très mondialisé (!), tout cela tend à se mélanger, mais il reste encore de grandes tendances qui sont liées aux conditions économiques régionales, mais aussi au modèle fourni par la société.

1. Le phénomène « Wallstreet Bet » et les investisseurs « Reddit »

La relation amour/haine qu’entretiennent les jeunes investisseurs envers le capitalisme est un phénomène majeur.

En effet, l’idée que « les grosses entreprises », et notamment les fonds d’investissements de Wallstreet, sont le Mal et que le capitalisme doit être combattu avec ses propres armes circule sur les réseaux sociaux.

Les petits investisseurs se regroupent en de véritables hordes, grâce aux réseaux et l’hyperconnectivité des jeunes, ce qui amplifie encore ce phénomène.

Source:  r/WallStreetBets

Si le sujet vous intéresse, vous trouverez quelques informations supplémentaires dans cet article: https://www.numerama.com/business/685586-mais-comment-des-internautes-de-reddit-ont-ils-fait-trembler-wall-street.html

En allant plus loin dans ce raisonnement, et sans forcément avoir des idéaux politiques, il y a aussi beaucoup de « néo-investisseurs » qui veulent simplement exactement ce que n’importe quel investisseur veut: gagner de l’argent (de préférence beaucoup, et assez rapidement si possible) !

On notera aussi que ces investisseurs ont conscience de faire « n’importe quoi », en s’appelant eux-mêmes les « Apes » (singes) ou « Degenerated » (dégénérés). Voire « Degenereted Apes ». Il suffit donc de faire n’importe quoi, mais de manière persistante. La notion de « Diamond Hands » vs « Paper Hands » est d’ailleurs une autre manière de parler de « Buy&Hold ». L’idée générale (je résume!) est d’acheter en troupeau certaines valeurs et de les tenir coûte que coûte face aux hedges funds vendeurs à découvert.

Toujours est-il que cela peut fonctionner… Parfois.

Un horrible meme qui est cependant très réaliste sur l’état d’esprit « dégénéré »

2. Le phénomène « All-in »

En utilisant des applications smartphone telles que Robinhood pour n’en citer qu’une, qui présentent l’investissement en Bourse sous un aspect ludique, facile et rapide, les investisseurs débutant sous-estiment les risques. En investissant des sommes parfois conséquentes sur des options call, avec du levier, il est facile de perdre. Cependant, dans un marché haussier, soumis à diverses spéculations, il peut aussi parfois être facile de gagner. Et de gagner beaucoup.

La légende du débutant qui a fait « all-in » et qui se réveille un matin avec un portefeuille multiplié par 100 est très accrocheuse. C’est un peu comme au Loto, mais en version smartphone et Reddit ! Et effectivement, il y a des gens qui gagnent ainsi. Les statistiques sont difficiles à trouver, mais gardez bien à l’esprit qu’une grande majorité perd (un peu, beaucoup, à la folie, passionnément ?).

Toujours est-il que dans un monde où des valeurs comme Tesla grimpent apparemment à l’infini, où le NASDAQ enchaîne des plus hauts, presque mois après mois depuis 2010, et où les valeurs du capitalisme triomphent, est-il étonnant que ceux qui font des paris osés peuvent malgré tout gagner, sans vraiment comprendre ?

(Je n’insisterai pas sur le principe que quelqu’un qui gagne un peu par hasard et qui ne comprend pas ce qu’il fait finira par tout reperdre, mais c’est un autre débat !)

Nasdaq, en données mensuelles source: Tradingview
Tesla, en données mensuelles: près de 21 000 % en une dizaine d’années… Source: Tradingview

Quand on regarde les fondamentaux, que l’on pratique l’investissement boursier réfléchi, on ne parie pas aveuglément… Sauf que le Marché a donné raison à ceux qui l’ont fait, contre ceux qui sont en mode investissement value ou « bon père de famille ». Lorsqu’on voit qu’à l’heure où j’écris ces lignes, Tesla vaut plus en Bourse que tous les autres constructeurs réunis, il y a forcément de quoi se poser de sérieuses questions sur la durabilité de ce modèle. En attendant, cela n’empêche pas les parieurs pro Tesla d’être bien contents (hors « stratégie » de trading utilisée, qui peut rendre perdant malgré un bon pari)…

Valorisation de l’industrie automobile Source: Albert Bridge Capital

Ce phénomène « all-in » est donc amplifié par le Marché (dont les causes sont multiples…) et s’auto-entretien, car plus tout monte, plus les gens qui n’ont pas pris le train le regrettent, et tout monte, etc. Cela ressemble fortement à la création d’une bulle. Qui finira donc par éclater.

En attendant, un jeune américain endetté à vie par ses études, a-t-il vraiment quelque chose à perdre à part quelques économies qui ne suffiront de toute façon pas ?

Si on n’ose pas jeune, ce n’est pas pour fêter sa retraite qu’il faudra prendre des risques !

D’ailleurs, beaucoup de jeunes ont bien conscience que l’avenir est incertain. Pas de retraites, un monde pollué… Il est sûr que l’avenir est vu différemment que dans les années 60… Comparons simplement deux couvertures de Sciences et Avenir, et le « hasard » fait que la dernière en cours au moment où j’écris cet article est très représentatif de mon propos…

Source: Sciences et Avenir – avril 1960
Source: Sciences et Avenir novembre 2021

Conclusion

L’association entre l’explosion des réseaux sociaux de toute nature, avec possibilité de communication ultra-rapide (bon nombre d’investissements se décident sur des réseaux de jeunes, comme Discord par exemple), un Marché rendu fou par les planches à billets, et le côté « je n’ai rien à perdre, l’avenir c’est maintenant qu’il faut en profiter », transforme évidement le profil psychologique des investisseurs.

Et l’investissement est avant tout une histoire de psychologie…

L’investissement fait par des « singes dégénérés » est-il la cause ou la conséquence d’un système financier lui-même certainement dégénéré ?

A suivre…

Article précédent: https://www.investisseur-particulier.fr/la-finance-dans-lere-du-covid-maintenant-et-tout-de-suite-1-3

SUITE: https://www.investisseur-particulier.fr/la-finance-dans-lere-du-covid-maintenant-et-tout-de-suite-3-3

Mon allocation de portefeuille (très) particulière – version 2021

L’avantage d’avoir un blog qui commence à dater, c’est de pouvoir avoir du recul, une vision sur le long terme.

Dix ans sont une éternité dans le monde 2.0 d’internet. D’ailleurs, très peu de blogs* consacrés à l’investissement tiennent aussi longtemps. Plusieurs explications peuvent être proposées: une lassitude de certains qui se rendent compte que cela peut vite être chronophage, d’autres (surtout les vendeurs de méthodes miracles et de newsletters indispensables) disparaissent évidemment en raison du pipeau qui finit par se remarquer devant la réalité des faits, etc.

Ceci dit, il est très intéressant de pouvoir se relire dix ans après et de voir comment on a évolué.

En 2011, j’écrivais cela :

J’ai bien sûr évolué dans mes méthodes d’investissements, mais mon raisonnement de base est toujours le même: avoir beaucoup de cash à disposition pour investir au bon moment et de rester flexible face à un marché changeant. Mais pour éviter de perdre du cash (inflation…), et d’éviter au mieux le coût d’opportunité de ne pas être investi, j’ai surtout du cash investi…

Comme je l’expliquai il y a dix ans, je considère mes investissements sur le Forex comme une réserve monétaire qui peut (et qui le fait régulièrement) basculer sur les actions.

C’est amusant de constater que mon allocation sur les actions est semblable à 2011 (rappelons que la crise de 2009 n’était pas encore tout à fait terminée et qu’il y avait de nombreuses perturbations sur les marchés action, avant une belle remontée qui n’est toujours pas terminée).

Je suis monté à presque 90% en actions dans cette décennie, mais devant la surchauffe durable, je suis redescendu à une part plus raisonnable.

Allocation stratégique 17/09/2021

Grosso modo, quand je ne suis exposé qu’à 1/3 en actions, c’est que je crains un krach en ne gardant quasiment que mes titres « à long terme » et quelques swings. Je garde du cash pour ramasser à bon prix encore plus de ces actions durables. Attention, je ne pratique pas le buy&hold pur et dur, car je pense qu’il est dépassé dans un monde qui va très (trop) vite, mais il y a tout de même quelques actions que je n’hésite pas à garder des années.

Mes 37% en monétaires, outre le cash sur mes comptes-titres, incluent également des positions de swing trading sur Forex, mais cela reste pour moi qu’une façon de me diversifier et d’avoir un peu de rendement supplémentaire.

Enfin, la nouveauté, c’est l’introduction d’une poche « cryptomonnaies ». Au début, je voulais me limiter à 10% de mon portefeuille, ce qui est déjà beaucoup pour ce genre d’actifs, mais j’ai réussi à gérer assez bien la montée depuis fin 2020 et surtout j’ai absorbé une partie de la descente de mai à juillet, pour mieux repartir à la hausse. En conséquence, j’ai pu augmenter fortement cette partie de mon portefeuille, même si elle est elle-même partiellement constituée de stablecoins ou équivalents, diversifiés tant qu’à faire. Là encore, je considère qu’il s’agit d’une autre manière d’avoir du monétaire avec rendement. Evidemment, cela implique une certaine conviction sur l’avenir des cryptomonnaies en général. A vrai dire, si je n’avais pas une certaine diversification et la possibilité d’échanger le tout rapidement contre des euros – fiats, je ne risquerai pas autant sur les cryptos.

Beaucoup de puristes crieront à l’hérésie quand on parle de cryptomonnaies en les comparant à de bonnes vieilles Sicav monétaires, mais au final, la monnaie en 2021 a plusieurs aspects. Au final, c’est un peu la même logique que les devises du Forex. Ce qui compte, c’est la valeur en temps réel dans la devise de sa zone géographique. Pour moi, c’est l’euro. Le reste, n’est qu’arbitrage et spéculations à court ou moyen terme. Mais c’est aussi une saine diversification, car j’ai une confiance limitée à long terme, en l’euro (ou le dollar…).

Vous remarquerez un petit ajout depuis 2011, à savoir de l’or physique. Il est toujours utile d’en avoir un peu, et je suis haussier sur le long terme pour l’or, qui encore une fois, reste pour moi une diversification à l’euro.

Ce qui m’importe, et ce qui devrait importer n’importe quel investisseur, c’est de voir grandir son portefeuille dans l’équivalence monétaire qu’il utilise au quotidien !

Bons investissements ! Et n’oubliez pas qu’il s’agit d’une course d’endurance qui dure une vie entière.

PS: J’ai exclu la résidence principale, qui est certes un actif pouvant être vendu contre des euros, mais comme j’y habite et que je n’ai pas l’intention d’en changer, je la vois plutôt comme une source d’économies de loyers. Je ne suis absolument pas intéressé par l’immobilier de rendement, ou alors sous forme côtée – et encore.

Cet exemple de portefeuille n’est donné qu’à titre pédagogique et n’est en rien un conseil d’investissement. Chacun est responsable de ses propres décisions à ce sujet !

*: De mes débuts dans la blogsphère financière, il ne reste pas grand chose… Citons malgré tout comme exemples l’excellent forum https://www.devenir-rentier.fr ou le très intéressant site de l’ami Jérôme https://www.dividendes.ch/

La finance dans l’ère du Covid – maintenant et tout de suite ? (1/3)

L’année 2020 a vu la rencontre de plusieurs phénomènes majeurs.

Tout d’abord, la première grande pandémie de l’ère numérique, entraînant des réactions « incroyables ». Parmi elles, la voie monétaire pour tenter de gérer le problème des dettes Covid, grâce à la planche à billets « infinie ».

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ZEBITEX, première crypto-banque européenne ?

Je suis avec attention le monde des cryptomonnaies depuis fin 2020. Aucun investisseur ne peut pas ignorer cette dimension, car les applications des technologies blockchains vont s’étendre à de nombreux domaines. Evidemment, chacun est libre de ses choix d’investissements, et on peut très bien se tenir à l’écart de ces technologies.

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« Les déterminants de la richesse » de Jérôme Rousseau

Les déterminants de la richesse: La science au service de l'indépendance  financière eBook: Rousseau, Jérôme: Amazon.fr

Quand un ami bloggeur que j’apprécie et que je suis depuis des années à travers son site www.dividendes.ch écrit un livre, je me dois au moins de le lire !

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Retour sur un investissement « raté »: Nutrien (ex-PotashCorp)

Source: Nutrien.com

Sur la partie de mon portefeuille consacrée à l’investissement « moyen-long terme » (sur plusieurs années), le temps joue le rôle principal pour déterminer un succès.

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